L'engagement "responsable" de Veolia Eau

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eau-pollueeSe pliant à la coutume des voeux de fin d'année, Jean-Michel Herrewyn, directeur général de Veolia Eau, encourage ses "collègues" vers une année 2012 prometteuse. Dans une lettre de quatre pages, cet artisan de la réorganisation se targue, malgré les tempêtes actuelles du groupe, des succès en France et à l'international tout en n'hésitant pas à évoquer des contradictions, dont il ne mesure apparemment pas l'indécence.

Rappelant les trois maîtres-mots de l'activité eau (service, valorisation et responsabilité), nous sommes particulièrement interloqués par la notion de responsabilité évoquée. Jean-Michel Herrewyn définit la valeur responsabilité comme l'exigence d'un engagement environnemental exemplaire. Il ne doit pas avoir la même perception de responsabilité que la plupart des citoyens américains, qui luttent notamment pour pouvoir bénéficier d'une eau potable (voir video ci-dessous).

Les américains manqueraient d'eau potable ? Que vient faire Veolia Eau dans cette histoire ?

La réponse nous est fournie par Jean-Michel Herrewyn lui-même dès la deuxième page du même document : "Ce sont nos technologies qui nous rendent crédibles aux yeux des industriels pour être leur partenaire privilégié, celui des sociétés d'exploitation des gaz de schiste en Amérique, ou des sables bitumeux au Canada, ou des mines d'Australie ou d'Afrique, ou encore du pétrolier national brésilien, des gaziers du Moyen Orient et d'Australie." Veolia demande aux salariés de s'engager non par la promotion d'énergies nouvelles ou de technologies destinées à sauvegarder notre environnement menacé, mais en valorisant le partenariat privilégié d'industriels nord-américains qui pourrissent la terre. On invoquera l'intention, louable aux yeux de nos financiers surtout, d'intervenir en réparation des dégâts occasionnés par ces industriels. Mais on retiendra que le succès de cette affaire encouragera d'autant les spécialistes, notamment de l'extraction du gaz schiste, de continuer à polluer les nappes phréatiques...

Alors, fier de notre "engagement environnemental exemplaire" ? Nous serions curieux de connaître la réponse des autochtones nord-américains sur ce point. N'y a-t-il vraiment aucune raison de s'inquiéter, puisque Veolia intervient pour restituer l'eau potable... après pollution par les industriels partenaires ?

Par ailleurs, ces américains contestataires ne ménagent pas leur mécontentement tant ils se sentent floués par les industries de l'environnement. Un autre exemple récent illustre bien la contradiction du discours officiel de Jean-Michel Herrewyn et la réalité sur le terrain. Nous apprenons que Veolia est la cible d'une action collective en justice aux Etats-Unis pour des communications trompeuses entre 2007 et 2011. Dans un communiqué du 06/01/2012, Veolia Environnement récuse ces allégations et a l'intention de rejeter cette demande, qu'elle juge infondée.

Ce "rebond américain", dont parle Jean-Michel Herrewyn avec fierté, est-il vraiment assuré ? Suffit-il d'évoquer les gains de New-York et de Winnipeg pour estimer que nous sommes tirés d'affaire ? Et dans cette optique de "responsabilité", comment les salariés pourraient-il se positionner lorsqu'en réalité la satisfaction des clients ne concerne que l'avidité d'industriels qui n'ont que faire de notre environnement ? Comment interprêter dans ces conditions les termes du patron de l'eau lorsque sa responsabilité environnementale se limite au commerce lié à la pollution tous azimuts ? L'éthique, vous connaissez ?


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